Responsabiliser sur l'atteinte des objectifs

La non atteinte d'un objectif conduit parfois à l'aveu d’impuissance : "je n’avais pas les moyens !". Comment faire émerger une vision plus responsabilisante de la situation ?
À retenir : 3 points clés
Avoir tenu des points réguliers tout au long de l'année
Découvrir au moment de l'entretien annuel qu'un collaborateur rencontrait des freins (réels ou imaginaires) pour atteindre un objectif est pénalisant pour tout le monde car on ne peut alors que constater l'échec. C'est pourquoi il est essentiel, une fois l'objectif fixé, de prévoir plusieurs points dans l'année : "où en es-tu dans l'atteinte de cet objectif ? Quelles difficultés rencontres-tu ? Que peut-on mettre en place ?..." Ainsi, un éventuel manque de moyens sera traité en cours d'année et ne sera plus une raison d'échec.       
Entendre les causes externes
Le collaborateur attribue parfois l'échec à des causes externes ("je n'y pouvais rien") et cela freine toute progression puisqu'il ne se perçoit pas comme acteur ni responsable. Il est donc utile de d'abord l'amener à développer son point de vue afin de comprendre la réalité de ces causes (dont certaines peuvent être de réels obstacles). Cette phase d'écoute sans a priori permet de hiérarchiser les vraies difficultés et de déterminer ce sur quoi le collaborateur peut probablement, après recul et analyse, agir.       
Questionner sur les causes "internes"
Une fois les causes externes entendues, on devient légitime à questionner le collaborateur sur ce qui dépendait, au moins en partie, de lui : "Dans cette situation, sur quoi avais-tu une marge de manœuvre, même ténue ? Sur qui pouvais-tu éventuellement t'appuyer ? Quelle action, même inhabituelle ou risquée pouvais-tu envisager pour… ?". L'objectif n'est surtout pas de lui montrer qu'il s'y est mal pris mais de souligner qu'il a une marge d'action.
Je m'évalue
Voici maintenant 3 questions pour tester vos acquis.
A chaque question une seule bonne réponse mais attention, il y a parmi les réponses possibles, une "presque bonne" qui pourrait vous faire hésiter !
1 / 3   C'est de la faute des autres !
Georges vous dit « impossible d’atteindre mes objectifs, les autres départements ne tiennent pas leurs engagements, je suis coincé ». Or, vous vous avez plusieurs fois évoqué qu’il ne fait pas ce qu’il est censé faire car il se noie dans des détails. Que répondez-vous ?
On a souvent abordé pendant l’année le point suivant : la non atteinte de tes objectifs est notamment liée au fait que tu passes plus de temps que nécessaire sur certaines tâches. Est-on toujours d’accord là-dessus ?
Rappel nécessaire si vous avez soulevé clairement ce point durant l’année.
D’accord, mais tu sais bien que ce n’est pas seule raison !
Trop évasif. Mieux vaut exprimer clairement votre pensée.
Je trouve que tu rejettes un peu trop facilement la faute sur tes collègues !
Même si vous avez raison, le reproche ne provoquera que la contre-attaque de Georges.
Oui, tout le monde a effectivement du mal à assumer sa charge de travail. Que pourrais-tu faire ?
Reconnaître que personne n’y arrive n'est pas utile ! Et la question des solutions est prématurée puisque Georges ne se sent pas responsable.
2 / 3   Pas d'action directe sur les événements
A la question « qu’est-ce qui dépend de toi ? », Eloïse vous répond « rien, tout mon travail dépend de celui des autres, je n’ai d’action directe sur rien et tout traîne ». Que répondez-vous ?
Je comprends que tu puisses avoir cette impression mais je pense que tu exagères un peu. Il y a des choses sur lesquelles tu peux agir non ?
Inutile, Eloïse va continuer d’argumenter pour vous prouver que non.
J’ai le sentiment que tu es découragée, que tu te sens impuissante…
Oui, vous amenez Eloïse à aller au bout de sa pensée. Une fois les choses dites, elle sera plus ouverte pour nuancer son propos et répondre à « que fait-on ? ».
Alors qu’est-ce que tu proposes ?
Eloïse n’est pas encore prête à rechercher des solutions. Elle veut que son problème soit entendu.
Comment puis-je t’aider à débloquer certaines situations ?
Un peu tôt. Le message d’Eloïse est « entends mon découragement ! ». Ensuite vous pourrez proposer votre aide.
3 / 3   Trop ambitieux ?
Un objectif annuel n'a pas été atteint et Vasco vous dit : "il était de toute façon trop ambitieux, je ne pouvais pas y arriver". Que répondez-vous ?
 
Mais pourtant, tu avais accepté cet objectif !
Certes mais terrain glissant. Vasco peut rétorquer qu'il n'avait pas le choix et vous tournerez en rond.
Si atteindre un objectif n'est pas possible, qu'est-ce qui est alors de ton ressort ?
Oui, vous invitez Vasco à se demander quoi faire et à ne pas se satisfaire de "je ne pouvais pas".
Cet objectif était tout à fait atteignable et tes collègues l'ont atteint. Comment expliques-tu ton échec ?
La comparaison avec les collègues est culpabilisante. Vasco va devoir se justifier. Temps perdu.
Qu'est-ce qui t'a manqué ?
Question intéressante dans un 2ème temps. Pour l'instant, le problème est surtout que Vasco réfute toute responsabilité.
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